Ivoiriennes engagées : Marguerite Yoli-Bi Koné, sur tous les fronts pour un monde plus juste

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« Un jour, je me suis demandée comment je pouvais aider tous ces enfants. Et je me suis rendue compte que je pouvais commencer tout près. Vous n’avez pas besoin d’aller chercher loin pour coacher. Vous pouvez coacher votre enfant, sœur, votre nièce, votre servante. »

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Commissaire centrale à la Commission Électorale Indépendante (CEI), conseillère technique au ministère Femme, Famille, Enfant, présidente du Conseil d’Administration du Réseau ouest-africain pour l’édification de la paix Côte d’Ivoire (WANEP-CI), Officier dans l’Ordre du Mérite et dans l’Ordre National de Côte d’Ivoire, la liste des titres de Marguerite Yoli-Bi Koné est longue... et non exhaustive. Mais pour celle qui se définit encore aujourd’hui comme une « révoltée sociale », l’accès à ces responsabilités n’a de sens qu’au service d’une vision d’un monde plus juste et plus équitable.

Née dans une famille paysanne du Hambol, Marguerite Yoli-Bi Koné n’a pas la chance de grandir auprès de ses parents, mais elle puise en eux sa combativité et sa confiance. Atteinte de drépanocytose, sa mère se bat pour accorder à tous ses enfants l’éducation dont elle a elle-même été privée. « Ne pas savoir lire, c’est être aveugle », lui dit-elle souvent. Si son père, fils du chef du village, ne la voit pas grandir, il croit en elle et lui transmet son assurance.

Confiée à son oncle, magistrat, elle le suit dans chacune de ses affectations. Déterminé à forger le caractère de l’enfant en l’exposant aux dures réalités de la vie, il encourage Marguerite Yoli-Bi dès le CM2 à fréquenter les salles d’audience du tribunal d’Odienné et d’Abidjan.

Après une scolarité brillante, Marguerite Yoli-Bi Koné obtient le CAPES de biologie et débute une carrière d’enseignante à Adzopé. Décidée à améliorer les conditions de travail des enseignants et d’études des élèves, elle s’engage au profit du Syndicat national des enseignants du second degré de Côte d’Ivoire (SYNESCI). Malgré la naissance de ses deux filles et résistant à la pression de sa belle-famille, elle poursuit ses activités syndicales et devient secrétaire générale du SYNESCI pour la région de l’Agnéby.

Après avoir inauguré une nouvelle salle d’études à Adzopé, Marguerite Yoli-Bi Koné est mutée à Abidjan. A la recherche d’un outil de promotion de ses idéaux de paix et de non-violence, elle s’engage au sein de l’Association pour la sauvegarde et le maintien de la paix en Côte d’Ivoire et découvre par ce biais l’ONG WANEP, basée à Accra.

A l’origine de la création de WANEP-CI, Marguerite Yoli-Bi Koné prend à sa charge le programme de défense des droits des femmes et prend conscience de l’ampleur de la tâche. Enseignante, consultante représentante de WANEP-CI, formatrice au centre Koffi Annan pour la paix durant plusieurs années, Marguerite Yoli-Bi Koné multiplie les casquettes et continue à se former au sein du Centre de recherche et d’action pour la Paix (CERAP), de l’ONG Equitas Canada et du WANEP à Accra.

Nommée directrice de la formation, de la sensibilisation et des études au sein de la CEI en septembre 2010, elle poursuit son combat contre les discriminations à l’encontre des femmes et se mobilise pour imposer la notion de genre au sein des instances électorales. Sensible à la situation des femmes dans les villages de Côte d’Ivoire, elle prend l’engagement de financer, dans son village de Latokaha, les tenues scolaires des élèves les plus méritants et de décerner un prix à la première jeune fille de l’école, et à sa mère.

Reconnue par ses pairs pour son combat en faveur de la représentation politique des femmes, elle est élue pour représenter la société civile en tant que Commissaire centrale de la CEI en 2014, et s’appuie sur ONU-Femmes pour imposer une stratégie genre au sein de la CEI en 2015.

Reconduite dans ses fonctions de Commissaire Centrale en 2019 et devenue conseillère technique de la Ministre de la Femme, de la Famille et de l’Enfant, elle est de nouveau plébiscitée par la société civile pour représenter la candidature de la Côte d’Ivoire au sein du Comité de suivi de la Convention des Nations Unies sur l’Élimination de toutes les Formes de Discrimination à l’égard des Femmes (CEDEF) en 2020.

Loin de rendre les armes, Marguerite Yoli-Bi Koné sort plus que jamais galvanisée de cette campagne et demeure déterminée à défendre la candidature de la Côte d’Ivoire en 2022.

Son parcours exemplaire, sa pugnacité et son franc-parler méritent d’en faire un modèle pour les jeunes filles et les jeunes femmes de Côte d’Ivoire.

publié le 02/08/2021

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