Ivoiriennes engagées : Malamita Ouattara, de l’humanitaire à l’engagement féministe

« Quand vous croyez en quelque chose, il faut aller jusqu’au bout. Et quand vous pensez que cette chose contribue au bien-être des autres, il n’y a pas de raison pour lâcher prise. Pour moi, c’est ça l’engagement du féminisme. »

« Le féminisme, c’est cette lutte qui permet à tous, à notre niveau, d’agir, de dire non quand il le faut, de dire stop quand il le faut. J’ai aussi une sœur, je ne veux pas que ma sœur subisse de telles violences, car ce qui touche ma sœur me touche moi aussi. »

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Née d’une mère institutrice et d’un père inspecteur de l’enseignement primaire, Malamita Ouattara, conseillère « genre, jeunes et inclusion sociale » de l’ONG EngenderHealth, semble dès le plus jeune âge s’inscrire dans la tradition familiale en portant l’ambition de faire de grandes études.

Déterminée pourtant à devenir la première femme pilote de Côte d’Ivoire, Malamita détonnait déjà par son souhait de casser les codes et briser les carcans. Quand ses professeurs l’orientent vers des études de lettres, jugées plus convenables pour une jeune fille, Malamita termine chaque année première de sa classe dans les matières scientifiques.

Son premier cheval de bataille fut celui de la foi. Élevée dans la religion musulmane, mais éduquée dans des écoles chrétiennes, Malamita Ouattara ressent l’éveil à la foi catholique à l’âge de 18 ans. Décidée à suivre cet appel, elle réussit à surmonter la pression familiale et reçoit le baptême après plusieurs mois de catéchèses assidues.

Après des études de sciences économiques et de gestion, Malamita Ouattara décline une opportunité professionnelle prometteuse pour s’engager dans l’humanitaire. Déterminée à combattre les injustices et les inégalités, elle brave une fois encore le diktat familial pour rejoindre la croix rouge nationale de 2005 à 2009.

Un an après avoir rejoint l’Association Agir pour la Justice, la Démocratie et la Liberté (AJDLCI), la crise post-électorale de 2010-2011 éclate. Effarée par les besoins en aide de la population, elle prie pour obtenir une occasion d’apporter son soutien aux plus démunis.

Son appel est alors entendu : quelques jours plus tard, elle obtient l’opportunité de devenir moniteur de protection au profit du Haut-Commissariat aux Réfugiés (HCR). Mariée depuis deux ans et mère d’un enfant de quatre ans, elle n’hésite pas à confier son fils à son mari pour accepter cette proposition.

Alors que sa famille est à Bouaké, Malamita sillonne l’ouest de la Côte d’Ivoire afin d’identifier les besoins sécuritaires, sanitaires et logistiques des populations et de transmettre ses rapports aux organisations capables de leur porter assistance.

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Après plusieurs années en tant que point focal « genre et protection de l’enfant » au HCR, Malamita décide de mettre son expérience au service de nouvelles organisations en tant que consultante free lance. Dans le cadre d’un projet de développement communautaire des zones cacaoyères au profit de l’ONG Care, Malamita élabore des stratégies d’autonomisation des femmes dans la région de Soubré et encourage les personnes qu’elle rencontre à prendre confiance en elle et à oser s’affirmer.

Sensible à l’action de Rosa Parks, Malamita Ouattara rejoint en octobre 2020 l’ONG EngenderHealth, spécialisée en genre et en santé sociale, sexuelle et reproductive (SSR), afin de pousser les femmes à connaître et à revendiquer leurs droits. En tant que conseillère « genre, jeunes et inclusion sociale », elle collabore activement avec les ONG féministes de Côte d’Ivoire et de la sous-région afin de développer un réseau dynamique d’entraide et de soutien sur le fondement de la sororité.

En savoir plus : https://www.engenderhealth.org/our-...

publié le 05/07/2021

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