Discours de l’Ambassadeur S.E.M. Georges Serre à l’occasion de la fête nationale du 14 juillet 2017

Excellence, M. le Président de la République,
Mme la Première Dame,
Mme et MM. les Présidents des Institutions de la République,
Mmes et MM. les membres du gouvernement,
Mmes et MM. les députés,
Monseigneur le Nonce apostolique, cher doyen,
Chers collègues du corps diplomatique et des institutions multilatérales,
MM. les maires,
Mmes et MM. les conseillers consulaires,
MM. les représentants des institutions religieuses et traditionnelles,
MM. les officiers généraux, supérieurs et militaires en vos différents grades,
Chers compatriotes et chers amis ivoiriens,

M. le Président de la République, c’est un grand plaisir et un grand privilège de vous recevoir ce soir accompagné de Mme la Première Dame à l’occasion de la célébration de notre fête nationale. Notre communauté française, nos invités et l’équipe de cette ambassade sont très honorés par votre présence qui témoigne du profond attachement qui caractérise la relation entre la Côte d’Ivoire et la France. Nous en sommes profondément touchés.

Vous avez été le premier chef d’Etat africain reçu au Palais de l’Elysée le 11 juin dernier par le Président de la République française, M. Emmanuel Macron, après son élection. Cette première rencontre a été riche et féconde, montrant votre convergence de vues sur les réponses à apporter aux grands défis actuels. Encore une fois, cette rencontre a montré que nos deux pays sont amis et alliés à travers les valeurs communes qu’ils partagent et défendent.

Conformément à ce dont vous êtes convenus en juin, une mission interministérielle conduite par le directeur d’Afrique du ministère de l’Europe et des affaires étrangères accompagné du directeur général-adjoint du trésor, s’est rendue ces deux derniers jours à Abidjan pour établir la feuille de route de notre relation de coopération pour les huit prochaines années. Vous aviez en effet souhaité lors de votre entretien que nos programmes s’inscrivent en perspective et dans la durée afin d’obtenir de meilleurs résultats.

Vous avez défini trois priorités au sein d’une relation qui s’exprime déjà par sa grande diversité puisqu’elle va du culturel à tous les enjeux de développement, en passant par la sécurité.

La première priorité est le bloc formé par l’éducation, la formation, l’enseignement supérieur et l’emploi des jeunes. Fournir les conditions d’un avenir radieux et prometteur aux jeunes femmes et aux jeunes hommes de Côte d’Ivoire est le premier défi auquel nous sommes en effet confrontés. Je relève que cette belle jeunesse fait preuve d’une forte capacité d’adaptation et d’ouverture sur les technologies les plus modernes. Elle mérite toute notre attention car le pays et la région ont besoin d’eux et que c’est, comme dit l’adage, « le futur qui, déjà présent, nous interpelle ».

Dans la perspective de la mise en œuvre de l’Accord de Paris sur le climat, vous avez ensuite retenu les technologies propres qui s’expriment désormais dans les domaines des transports, de l’eau et de l’assainissement, de l’énergie, de la protection de la biodiversité et de l’adaptation au changement climatique. Je souhaiterais rappeler le rôle que vous avez joué M. le Président de la République dans la conclusion de cet accord en décembre 2015. D’autre part, un club « ville durable » qui réunit les entreprises de Côte d’Ivoire et de France avait été lancé lors de la visite du Président François Hollande en 2014. Il regroupe aujourd’hui 40 sociétés qui travaillent ensemble dans ces domaines et obtiennent des effets de synergie remarquables. De même, une association « French Tech » Côte d’Ivoire associant 70 entreprises du secteur des technologies de l’information et des télécommunications et 150 blogueurs et autres, est désormais bien inscrite dans le paysage économique.

Vous avez enfin souligné l’importance de la sécurité pour définir les conditions de base du développement économique et social. Notre coopération en matière de réforme du secteur de la sécurité sera ainsi renforcée pour achever les réformes inscrites dans la loi de programmation militaire et celle de programmation des forces de sécurité intérieure. J’indique au passage que l’un des objectifs est de permettre une plus forte participation des forces de sécurité ivoiriennes aux opérations de maintien de la paix des Nations unies. Les bons résultats obtenus par le contingent actuellement déployé au Mali au sein de la MINUSMA sont, à cet égard, encourageants. C’est aussi l’opportunité de féliciter la Côte d’Ivoire pour sa brillante élection en tant que membre non permanent du Conseil de Sécurité en 2018-2019. La clôture fin juin de l’ONUCI, considérée comme l’exemple d’une opération de maintien de la paix réussie, est une bonne illustration de votre capacité retrouvée à maîtriser votre destin. Je voudrais à cet égard rendre hommage à Mme Aïchatou Mindaoudou, dernière Représentante du Secrétaire général des Nations unies, pour le travail qu’elle a abattu, notamment en matière de renforcement de la cohésion politique et sociale et de mise en valeur du rôle majeur des femmes dans la société.

Ce sont ainsi près de 2 Mds € de financement de programmes et de projets qui ont été identifiés ensemble pour la période 2017-2020 et 1 Md ensuite entre 2021 et 2025. Ces financements combineront toutes les possibilités offertes par la partie publique française : groupe de l’Agence française de développement (AFD), concours du trésor, Banque publique d’investissements-garanties export et nouveaux contrats de désendettement et de développement (C2D). Cela n’exclut pas bien sûr la possibilité pour l’AFD de financer d’autres projets sur ses ressources propres au cours de la période.

Permettez-moi aussi de souligner notre volonté d’associer l’Union européenne et la Banque européenne d’investissement à tous ces projets. A cet égard, nous attendons la grande échéance des 29 et 30 novembre 2017, dates du Sommet Union africaine-Union européenne qui verra plus de 80 chefs d’Etat et de gouvernements africains et européens réunis à Abidjan. Nous continuerons également à nous coordonner étroitement avec les partenaires économiques et financiers de la Côte d’Ivoire, au premier rang desquels les agences des Nations unies, la Banque mondiale et la banque africaine de développement.

Notre communauté française de Côte d’Ivoire dépasse maintenant les 19 000 âmes et fait partie intégrante de la vie du pays. Un millier d’entreprise formelles participent à la croissance et contribuent fortement aux recettes fiscales et douanières. La Chambre de commerce et d’industrie française en Côte d’Ivoire fait preuve d’un fort dynamisme à la mesure des enjeux comme les autres acteurs institutionnels : conseillers du commerce extérieur, Business France, Expertise France et autres. L’actualité montre que l’activité reste soutenue malgré le choc extérieur subi dans le secteur du cacao et son un impact sur le reste de l’économie. En 2016, les exportations françaises se sont élevées à 1,1 Md €, en baisse de 3 %, et les importations de Côte d’ivoire vers la France à 787 M€, en hausse de 2 %. La France est le deuxième partenaire derrière le Nigeria avec une part de marché restée stable à 14 %. Le stock d’investissement direct des entreprises est de 2,6 Md€ soit 39 % de celui de la Côte d’ivoire. L’augmentation de 35 000 à 45 000 du nombre de demandes de visas en un an est aussi un bon indicateur d’activité entre nos deux pays.

Les établissements d’enseignement homologués par la France représentent désormais près de 10 000 élèves. Nous nous félicitons des bons résultats obtenus par ceux-ci, notamment au baccalauréat.

Les Forces françaises en Côte d’Ivoire (FFCI), qui ont retrouvé comme vous le savez le modus operandi du 43ème Bima l’an dernier, représentent près d’un millier de militaires de toutes les armes sous le commandement du colonel du Chaxel qui vient de prendre ses fonctions. Je souhaite la bienvenue au nouveau comanfor. Cette base opérationnelle avancée fait partie intégrante de notre dispositif déployé dans le cadre de la lutte contre le terrorisme et qui repose sur l’opération Barkhane. Je voudrais en en ce jour solennel où les forces armées françaises sont mises à l’honneur saluer la mémoire de nos soldats et de tous les combattants des autre pays qui ont fait le sacrifice de leur vie pour défendre les valeurs de la liberté au Sahel et sur les autres théâtres d’opération. Nous commémorons aussi aujourd’hui le premier anniversaire de l’attentat de Nice. Nous pensons aux victimes innocentes et nous nous associons à la peine de leurs familles. La gravité de la situation internationale en matière de lutte contre le terrorisme a provoqué une forte prise de conscience dans l’opinion publique. Aujourd’hui, la réserve citoyenne connait une forte mobilisation, et je félicite au passage ceux qui ont été décorés ce matin lors de la prise d’armes de Port-Bouët. De même, la journée de défense a désormais grand succès auprès des élèves de nos écoles.

Comme de nombreux Ivoiriens et ressortissants des autres pays de la grande famille francophone, nos yeux sont bien sûr tournés vers les VIIIème Jeux d’Abidjan qui débutent exactement dans une semaine. La délégation française conduite par Mme Laura Flessel, Ministre des Sports, ancienne championne olympique d’escrime, sera forte de 200 membres. Nous espérons bien sûr remporter le plus de médailles pour nos athlètes et le plus de récompenses pour nos artistes. Nous nous réjouissons d’avance de la grande fraternité sportive et culturelle qui va s’exprimer pendant dix jours. Comme vous l’avez remarqué, nous soutenons également ce soir la candidature de Paris pour l’organisation des Jeux olympiques de 2024. Mme Anne Hidalgo, Maire de Paris, sera d’ailleurs présente la semaine prochaine.

Je voudrais cette année mettre l’accent sur un volet particulier du métier de diplomate en rendant hommage particulièrement à nos collègues du Protocole d’Etat du Ministère des Affaires étrangères, sans pour cela ternir les bonnes relations que nous entretenons avec nos autres collègues. J’ai pu observer au fil du temps leur grand professionnalisme et la qualité de leur travail. Sans eux, combien la vie serait difficile et je crois que les collègues des autres pays partagent cet avis.

Je voudrais pour terminer remercier chaleureusement tous ceux qui se sont investis dans la préparation de cette édition du 14 juillet : nos fidèles sponsors qui, c’est tout à leur honneur, souhaitent garder l’anonymat, la Musique de la Garde républicaine au notoire grand talent, l’Institut français pour la sonorisation, la société Tag de M. Daron pour les lumières, la Compagnie Ivoire marionnettes et l’équipe de l’ambassade. Le piquet d’honneur était composé de chasseurs alpins du 7ème bataillon d’Annecy.

M. le Président de la République, Mme la Première Dame,
Chers invités,

Ce 14 juillet est le sixième que nous célébrons avec mon épouse Micheline sur les rives de la lagune Ebrié. Le moment est arrivé de vous dire « au revoir » car c’est le destin des diplomates que de partir un jour. Nous avons passé des moments formidables au cours de cette large tranche de vie et rencontré nombre de belles personnes. Encore étudiants, nous étions venus la première fois en 1977, il y a quarante ans. Nous aurons bientôt l’occasion de revenir pour pouvoir cette fois profiter tranquillement des belles régions de Côte d’Ivoire, en prenant notre temps comme à cette époque.

Vive l’amitié entre la Côte d’Ivoire et la France./.

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publié le 18/07/2017

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